Retour sur la Saint Valentin en compagnie de Karim, le vendeur de roses

La Saint Valentin : même si cette fête est inscrite dans nos calendriers, elle ne fait pour autant pas l’unanimité. Certains la considèrent comme un simple événement commercial, alors que pour d’autres ce jour est le symbole même du romantisme.

Une chose est sûre, qu’on la célèbre ou non, il reste difficile ce jour là d’échapper à la vue de la traditionnelle rose rouge.

En cette nuit de Saint Valentin, je retrouve Karim, qui célèbre lui aussi cette fête, mais d’une tout autre manière.

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Crédit photo El Gato Peruano

Une ombre marche lors de cette nuit de Saint Valentin. arpentant la ville rose un bouquet à la main. Cette ombre, c’est Karim, vendeur de roses à la sauvette depuis 5 ans.

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Crédit photo El Gato Peruano

La semaine dernière, il m’avait parlé de sa vie lors d’une rencontre. Afin d’en savoir plus, je l’accompagne à travers les rues toulousaines en cette nuit bercée de romantisme.

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Crédit photo El Gato Peruano

 Tout au long de son chemin à travers la ville, Karim croise énormément de regards. Mais je me rends compte que bien peu sont ceux qui  acceptent de le lui rendre. 

Certains, absorbés par leur conversation, ne se rendent même pas compte de sa présence. Alors que d’autres le repoussent d’un geste indifférent avant même qu’il n’ait pu prononcer un mot.

Le vendeur de roses observe, attend, et tente de capter un regard. Souvent en vain.

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Crédit photo El Gato Peruano

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Crédit photo El Gato Peruano

Alors que nous arrivons à l’entrée d’un bar, un homme souriant l’aborde. Il le prend dans ses bras et lui demande de ses nouvelles. Cet homme est un fidèle client de Karim, qui profite de cette rencontre hasardeuse pour lui rendre l’argent d’une rose achetée la semaine précédente.

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Crédit photo El Gato Peruano

 Karim se souvient de chacun de ses clients. Il m’explique qu’à force de regarder les gens, il a développé une véritable mémoire d’éléphant. Il peut se souvenir d’un visage même deux ou trois mois après une rencontre.

 Notre parcours se poursuit ainsi, lorsque Karim se voit pour la première fois depuis le début de la soirée refuser l’entrée dans un restaurant. Il m’explique qu’il n’est pas toujours le bienvenu dans certains établissements, et qu’il se fait parfois violemment reconduire à la porte de certains bars et restaurants.

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Crédit photo El Gato Peruano

Fatigué, nous nous arrêtons un instant. Karim en profite pour me montrer du doigt les panneaux de circulation. Il m’explique que lorsqu’il est arrivé à Toulouse, c’est en regardant tous ces panneaux qu’il a appris à lire le français.

« Ce travail, je ne l’aime pas. Mais j’aime marcher. Je peux rêver et penser à d’autres choses. Et puis je peux également réviser mes cours de français dans ma tête! » s’amuse-t-il à me dire.

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Crédit photo El Gato Peruano

Un jeune alcoolisé le prend soudain par le bras et lui demande de sourire devant une photo. Karim pose mais ne sourit pas. Il me dévoile que c’est pesant et fatiguant de croiser des gens dans cet état, ne l’approchant que pour se moquer de lui.

Quelques instant plus tard, il reprend sa marche en silence. Dans une ruelle non loin, Karim croise un autre vendeur de roses. L’échange est bref. Quelques mots amicaux, un sourire, une poignée de mains, et chacun poursuit sa route de son côté.

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Crédit photo El Gato Peruano

Il est déjà très tard lorsque Karim m’annonce qu’il arrête. Il est fatigué. Je le comprends, mes petites pattes sont également douloureuses.

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Crédit photo El Gato Peruano

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Crédit photo El Gato Peruano

Notre périple nocturne s’arrête donc là.

Karim rentre chez lui. Ce soir, il aura vendu 5 roses.

Demain, une autre longue nuit de déambulations à travers la ville rose l’attend.

 

Reportage griffé par Le Matou

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Une réflexion au sujet de « Retour sur la Saint Valentin en compagnie de Karim, le vendeur de roses »

  1. Reportage plein de douceur et d’humanité. On se trouve vite attendri par le personnage. Les photos sont des œuvres d’art. Déambuler dans les rues le soir est le privilège des matous de gouttières. 😉

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